18 mars 2026 au 10 janvier 2027, l’AAMAKO a le plaisir de présenter au 1 er étage du musée, une exposition intitulée « Du houblon à l’esprit de la bière ». L’histoire de la bière est très ancienne et remonte à environ 4000 av. J. C. ; des tables d’argile découvertes en Mésopotamie attestent ainsi de l’existence d’une boisson fermentée élaborée à base de grains, le Siraku.
Chez les Gaulois, la cervoise (en l’honneur de Cérès, déesse des moissons) est fort appréciée : la recette s’apparente à celle que l’on connaît aujourd’hui mais la bière est aromatisée. Pendant la période du Moyen-Age, du IXe au XIVe siècle, ce sont les moines qui confèrent au breuvage ses lettres de noblesse : certains noms d’abbaye traverseront les siècles. Ce n’est qu’au XIIe siècle que le houblon, plante réputée pour ses vertus antiseptiques entre dans la composition de la bière ; une religieuse allemande du nom de Hildegarde de Bingen met en avant ses propriétés aromatiques et conservatrices. La culture du houblon au XIVe siècle devient particulièrement présente en Flandre. En Alsace, il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle, pour voir apparaître quelques essais sporadiques. Ainsi, à Oberhoffen sur Moder, le pasteur Charles Ehrenport introduit la culture en plein champ. En 1797, à l’initiative de M. de Weitersheim et A. Gendertheim, une petite plantation voit le jour sur les berges de la Zorn. Au début des années 1800, un brasseur allemand François Derendinger installe une houblonnière de quelques 800 plants à Haguenau : ces premiers pieds sont considérés comme étant la souche initiale du houblon d’Alsace, le Strisselspalt.
A partir de 1783, les brasseurs sont autorisés à brasser toute l’année : en 1840, l’Alsace compte ainsi quelques 350 brasseries. Avec le second Empire, se développe un enthousiasme formidable pour la bière d’Alsace, comme le raconte l’auteur Nicolas Stoskopf. Pour transporter les tonneaux, des » trains à bière » relient quotidiennement les grandes brasseries à Paris. Au milieu du XIXe siècle, l’industrialisation bat son plein : naissent de grandes brasseries dans les faubourgs de Strasbourg, notamment à Schiltigheim, Koenigshoffen et Cronenbourg. Beaucoup possèdent des activités multiples : la fabrication de la bière évidemment mais aussi un débit de boisson et une auberge où l’on peut manger et même dormir. Ces établissements très populaires permettaient ainsi de se retrouver le soir pour boire des chopes de bière et fumer : chaque brasseur possédait sa propre chope marquée à son nom et sa propre pipe. Les brasseurs alsaciens adoptent les techniques allemandes de fermentation à basse température qui nécessitent notamment des caves réfrigérées dites « de garde », refroidies avec de la glace stockée au cours de l’hiver. Au début du XXe siècle, la culture du houblon représente en Alsace plus de 58% de la surface totale. La Première Guerre mondiale (1914-1918) marque un vrai coup d’arrêt de la culture ; la surface est divisée en deux. Progressivement, les périodes de surproduction et la fluctuation des prix sont à l’origine d’une diminution sensible des surfaces.
Dans le Kochersberg, terre par excellence de l’or vert, il existe encore quelques houblonnières et nombre d’entre nous se souviennent du Hopfe Zopfe (collecte des cônes) auquel participaient jadis femmes et enfants. Si certaines de nos brasseries ont été rachetées par de grands groupes européens, la fin des années 1990 marque le retour d’une production artisanale de qualité, originale et goûteuse. Car si la bière n’est plus la même boisson du peuple, elle est montée en gamme et décline un éventail riche en différents arômes, appréciés par une clientèle jeune et moins jeune. Aujourd’hui encore, la bière reste associée à la convivialité et au plaisir .




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